Samba et Carnaval:
La samba est devenue "la" musique du carnaval vers 1930. Jusque là, elle était interdite, car jugée trop obscène, brutale, violente. Les premières "écoles de samba" sont constituées de petits groupes de guère plus de 50 personnes qui défilent sans costume, au son des percussions. Ces groupes, ou "blocos" rivalisent d'audace et d'imagination, le tout premier à se faire connaître étant "Deixa Falar", en 1928, dans le quartier de Rio de Janeiro appelé Estacio. Très vite ces défilés s'organisent et se transforment en compétitions. La première d'entre elles date de 1932 et voit la victoire de Mangueira. En 1935 les écoles sont officiellement enregistrées comme Gremio (cercle récréatif).
La samba se développe et se formalise dans le cadre de cette immense fête populaire, au travers de la partie rythmique, mélodique et au travers de la danse frénétique qui l'accompagne. Elle permet alors à toutes les couches de la population de s'exprimer et de se défouler.
Dans les années 1940 et 1950, l'identité de chacune des écoles de samba se construit, entre le choix de couleurs de reconnaissance et les choix musicaux : le mot école prend alors aussi son sens de doctrine, avec ses professeurs et leurs disciples... Les costumes ne sont toutefois encore constitués que d'uniformes. L'introduction de la sonorisation pour les chants en 1961, par Mangueira, donne une nouvelle dimension aux sambas à thème (samba de enredo). C'est d'une certaine façon l'âge d'or musical des écoles de samba.
Les années 1960-1970 sont au centre d'une "révolution plastique", avec la prise de participation des classes moyennes qui apportent de nouveaux courants esthétiques. Les écoles de samba travaillent leur visuel avec la contribution souvent spontanée d'artistes célèbres.
Les 20 années suivantes portent la marque de l'argent et de ses vicissitudes. En effet, le défilé des écoles du Groupe Spécial est l'enjeu non plus simplement de rivalités de quartier, mais aussi un enjeu économique entre écoles à travers de nombreuses retombées financières. Pour la ville de Rio de Janeiro, qui cherche à attirer un public conquis d'avance mais qui hésite encore à prendre son billet pour la "Cidade maravilha", il s'agit également d'un enjeu majeur. La samba s'enrichit quant à elle durant cette période de la pop-music, ou opère des retours aux sources vers le maracatu.
Termes en lien avec le carnaval:
Afoxé :
À Bahia, groupe de carnaval qui pratique les musiques et les danses de candomblé.
Bloco :
Groupe de taille variée, un bloco réunit des personnes pour défiler et danser lors du carnaval.
Bloco afro :
Association culturelle afro-brésilienne dont l’activité est liée au carnaval ainsi qu’à la défense des droits de la population noire. Le premier bloco afro, Ilê Aiyê, est fondé à Salvador de Bahia en 1974.
Malandro :
Voyou sympathique de Rio de Janeiro, le malandro était souvent un fier à bras armé d’un couteau, portant une chemise à raies, un chapeau de paille et un foulard autour du coup. De nombreuses sambas exaltent le personnage tout à la fois dandy et ennemi de la police.
Sambista :
Personne qui compose, interprète ou danse la samba.

